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29 Mar

Où le roman de DE VIGAN résonne tel un écho à la plume d'Ane Ver Been...

Publié par AneverBeen  - Catégories :  #Books

Jours sans faim _ Delphine DE VIGAN 

 

Jours sans faim ; édition J'ai Lu.

Jours sans faim ; édition J'ai Lu.

Quatrième de couverture :

 

Cela s'est fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Sans qu'elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s'asseoir. En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans les rues, dans le métro, et l'insomnie qui accompagne la faim qu'on ne sait plus reconnaître. 

Et puis le froid est né en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu'elle était arrivée au bout et qu'il fallait choisir entre vivre et mourir.

Avis :

 

Ce roman est tel un écho à Lorsque la fin est faim (Ou lorsque j'eus faim d'une fin) d' Ane Ver Been qui comme certains le savent déjà n'est autre qu'une autre facette d'AneverBeen. Sous la plume, par la petite rédaction, AneverBeen (AnB) devient la modeste amatrice de mots Ane Ver Been (AvB). Donc, sans grande surprise, Jours sans faim est un roman ayant pour sujet principal le trouble alimentaire qu'est l'anorexie (mentale et physique). Laure, la protagoniste, est hospitalisée à sa demande. Le Docteur Brunel a su lui faire entendre raison dans son aveuglement concernant sa capacité à gérer au mieux la situation devenue critique. Si Laure ne reprend pas du poids, elle mourra. Déjà que sa famille est brisée, que ses camarades l'ont quasiment tous délaissée, que sa soeur lui en veut de l'avoir laissée, que son coeur est esquinté, il ne faudrait pas qu'avec cela, elle y laisse le peu d'existence qui lui reste. Si elle se pense forte, le corps, lui, s'affaiblit. Est-ce que l'appui du Docteur Bruel suffira à guider Laure sur la voie de la guérison ? Guérir, au final et comme bien des actions, c'est plus facile à écrire, dire qu'à faire ! La bonne volonté ne suffit pas toujours. Le soutien peut faire la différence. Le temps aussi. Plus ou moins long, et souvent avec des bas. En plus de faire affront à Lanor, la maladie rebaptisée par celle qui la porte, Laure devra davantage faire face à ses propres maux, aussi profonds comme lointains mais bien présents soient-ils ! 

Ce roman n'a pas laissé de marbre AnB qui fut plus d'une fois projetée dans le passé, dans ses propre vécu et parcours. Et bien que le sujet abordé ne soit pas soumis sur une ligne conductrice fixe, à l'image de ce qu'est le combat face à la maladie, il gagne l'intérêt du lecteur. 

Comment Laure en est-elle arrivée là ? Pourquoi Lanor a-t-elle pris temps de place ? Quelles sont les origines des maux ? De quelle(s) manière(s) le Docteur Brunel participera à la prise en charge médicale de Laure ? Quelle sera la relation entre la patiente et le soignant ? ...

Même si le roman n'aura pas répondu à toutes mes attentes, il fut intéressant, poignant et relativement aisé d'y prendre part. Les termes médicaux usés n'empêcheront pas la compréhension des méthodes employées par les médecins pour participer à la reconstruction de Laure. 

Que ce soit du vécu ou de l'inspiration, ce roman n'est pas sur-écrit. Dans la fiction peuvent être avoués les tabous.

Ce n'est pas la première fois que j'eus affaire à DE VIGAN. Par le passé, j'eus l'occasion de lire No et Moi.

No et Moi ; collection Piment, France Loisirs.

No et Moi ; collection Piment, France Loisirs.

Extraits et Citations :

 

"Anorexique. Ca commence comme anorak, mais ça finit en hic. Dix pour cent en meurent à ce qu'il paraît. Par inadvertance, peut-être. Sans s'en rendre compte. De solitude, sûrement."

 

"Elle avale sans hurler l'angoisse qui accompagne chaque bouchée. Elle note sur le carnet alimentaire ce qu'elle mange à chaque repas. La colonne des additions n'est pas prévue. Mentalement, elle compte les calories absorbées à l'issue de chaque journée. La sonde impose l'impossible, l'inacceptable, des calories par centaines, insidieuses, une liqueur saturée distillée goutte à goutte dans son ventre meurtri. Mais la sonde n'est associée à aucun geste, aucun goût, aucun plaisir. La sonde ne crée pas de dépendance. Elle fait le sale boulot, presque en silence."

 

"Le tout, c'est de continuer à bien manger quand vous serez sortie, de ne pas recommencer. Parce que vous savez, il y a beaucoup de rechutes dans cette maladie. Les maladies de la tête, c'est comme ça, c'est incurable parfois."

Où par le biais de la plume, AvB témoigne...

Où par le biais de la plume, AvB témoigne...

-> Où il est possible de mettre le clic sur Lorsque la fin est faim (Ou lorsque j'eus faim d'une fin) d'Ane Ver BeeN :  https://www.edilivre.com/lorsque-la-fin-est-faim-ane-ver-been.html/

Le roman est disponible en version papier mais aussi au format PDF. Le site d'Edilivre met également à disposition un extrait. 

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Quichottine 29/03/2020 10:45

J'avais beaucoup aimé ton livre... je n'ai pas lu celui de Delphine de Vigan, je ne sais pas si je le lirai.
Je sais que certains livres que j'ai lus m'ont dissuadé d'écrire le mien.
Je crois que c'est ce qui arrive lorsque les sujets traités sont identiques.
Merci pour ce billet.
Passe une douce journée.

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